Quel impact a eu la crise sanitaire sur le e-commerce ?

Une année s’est écoulée depuis le début de la crise du Covid-19 mondiale. Une année particulière pour l’ensemble des secteurs dû premièrement aux restrictions gouvernementales avec la fermeture des points de vente, restaurants, lieux de loisir, déplacements etc. Les secteurs ont aussi été plus ou moins impactés selon les nouvelles habitudes de consommation des français qui se sont tournés vers de nouveaux canaux de vente.

En 2020, le e-commerce a connu une croissance de 6 % selon la Fevad tous secteurs confondus. Avec près de 2 milliards de transactions via internet comptabilisées en 2020 et 40 millions d’individus touchés, la France se place en 2ème position sur le marché européen du e-commerce.

Comment la crise a-t-elle impacté ce secteur en pleine expansion ?

L’augmentation des achats et des paiements en ligne

Le secteur du e-commerce connait une croissance considérable depuis plusieurs années et voit son chiffre d’affaires croître de 101 % en l’espace de 6 ans. Cette crise sanitaire a marqué un tournant dans le développement du e-commerce en France comme dans le monde suite aux nouveaux modes de consommation. Les périodes de confinement national et la mise en place d’un couvre-feu ont fortement réduit les achats en canal de vente direct.

Dans le secteur de la distribution alimentaire, les ventes en ligne ont augmenté de 61 % selon une étude Xerfi qui explique cela par l’intérêt des français à consommer via un canal de vente limitant les contacts physiques. La distribution alimentaire figure parmi les « pure players » qui ont su tirer profit de la crise sanitaire en attirant de nouveaux consommateurs, notamment avec l’utilisation des drives et le service « click & collect ». Dès le premier confinement, ce sont 2,5 millions de foyers supplémentaires qui achètent leurs courses en ligne. Ces nouvelles habitudes de consommation seront privilégiées à l’avenir pour limiter les contacts pour une partie des consommateurs puis par convenance et praticité pour d’autres.

Les marketplaces elles aussi ont vu leurs ventes exploser et ont multiplié les offres promotionnelles pour les TPE/PME afin de permettre aux détaillants pénalisés par la crise de se lancer dans la vente en ligne rapidement. Le secteur de la vente de biens d’équipement de la personne et de la maison a vu chuté ses ventes de 50 % dès le début de la crise pour la majorité des cybermarchands puis sont reparties à la hausse dès le 3ème trimestre 2020. La vente en ligne des produits non-alimentaires pèse sur le marché du e-commerce qui génère un chiffre d’affaires majoritaire sur le secteur avec l’évolution de la demande qui influence la dynamique du e-commerce.

Accélération de la transformation digitale

La fermeture des points de vente a par conséquent accéléré la transformation digitale dans les foyers français autant dans la distribution alimentaire que non-alimentaire. Le canal d’achat en ligne reste tout de même le second canal de vente pour l’ensemble des marchés de biens d’équipement avec une part de marché qui oscille en 10 et 20 %.

Du point de vue des professionnels, la crise sanitaire favorise en première ligne les enseignes ayant une stratégie omnicanale et une transformation digitale bien avancées. Les entreprises ont du s’adapter à un nouveau mode de fonctionnement, bien souvent facilité par l’utilisation d’un progiciel SaaS dans le cadre du télétravail.

Cette évolution des nouveaux modes de consommation et d’achat favorables au e-commerce a alors incité un certain nombre de détaillants de proximité à se lancer dans la vente en ligne et le « click and collect » dès le début de la crise. De nombreuses entreprises prévoient de développer leurs débouchés par le levier du e-commerce ou de pérenniser le télétravail : accélération de la digitalisation des entreprises et ajustement à la baisse de l’investissement.

La situation des entrepôts et des services de livraison

Pendant les périodes de confinement, les perturbations dans les entrepôts, les centres de tri, les transports et la distribution de colis ont impacté le secteur.

L’ensemble de la supply-chain a été impacté par la baisse de la productivité des services de préparation de commande avec un absentéisme des employés causé par le virus ou encore la garde d’enfants. Des problématiques logistiques sont aussi survenues face à la hausse des commandes ou encore la réorientation des livraisons en relais colis vers la livraison à domicile.

Les approvisionnements des acteurs de la vente en ligne restent le premier poste de dépense pour essentiellement des produits manufacturés et proviennent de sources très diverses. Les cybermarchands français s’approvisionnent depuis le monde entier et la crise du covid-19 a rapidement augmenté les délais de réapprovisionnement. Les cybermarchands ont dû s’adapter aux volumes de ventes et détenaient tout de même les stocks suffisants pour faire face à la demande.

Si le secteur du e-commerce a connu une croissance moindre à l’année précédente, les ventes en lignes ont réalisé une forte croissance dès le début de la crise et les cybermarchands ont su fidéliser leurs clients. Finalement, ce secteur aura connu une hausse de 6 %, performance ralentie par la chute des ventes en ligne de services (transports, voyages etc.).

On estime une croissance en 2021 de 14 % pour le secteur du e-commerce selon l’évolution de la crise sanitaire.