Un rayon huile de supermarché avec beaucoup de produits absents

Les Français se sont rués sur l’huile de tournesol laissant les rayons vides.


Les contextes géopolitique et climatique actuels freinent les approvisionnements des professionnels de l’agroalimentaire. La pénurie sur certaines denrées conduit les industriels à modifier leurs recettes. Tous les acteurs doivent gérer la tension des prix.

Les professionnels de l’agroalimentaire confrontés à des situations de pénurie

Les pénuries alimentaires dans les rayons n’ont échappé à personne. C’est notamment le cas pour les bouteilles d’huile de tournesol. Une situation de rupture apparente qui est en fait, surtout due aux réserves constituées par les consommateurs. En effet, ceux-ci ont craint d’en manquer. Toutefois, ce marché est perturbé, l’Ukraine assurant la moitié de la production mondiale de cette graine. La guerre sur son territoire entrave ses exportations, en particulier vers l’Union Européenne. Le potentiel de production du pays pour 2022 est aussi mis à mal. Et c’est sans compter l’embargo sur les produits de Russie, autre grand fournisseur. Résultat, la logistique s’est grippée, et les prix ont bondi.

Les professionnels se trouvent eux aussi confrontés à cette tension du marché, provoquée par la pénurie. C’est le cas pour les importateurs et les négociants de produits alimentaires. De la même façon, les restaurateurs et, bien entendu, les industriels doivent aussi composer avec cette situation.

Le gouvernement a été sensible à cette problématique économique. D’ailleurs, la soudaineté des problèmes d’approvisionnement en huile de tournesol a conduit, le 26 avril, l’administration à autoriser les fabricants de produits alimentaires à modifier leurs recettes. Par conséquent, ils ont le droit de substituer cette huile par une alternative.

Face à la pénurie alimentaire, les industriels contraints à des changements de recettes

Pas de pénurie donc, mais des conséquences similaires. Pour y faire face, la majorité des industriels remplace l’huile de tournesol par du colza. Mais certains optent pour de l’huile de coprah, de palme ou de soja. Parfois, ils préfèrent se passer de ces lipides et trouvent un tout autre ingrédient ou une combinaison assurant son rôle fonctionnel dans la recette. Chips, gâteaux apéritifs, biscuits, produits de boulangerie, sauces, plats préparés… ont ainsi vu leur composition modifiée. Les entreprises de l’agroalimentaire doivent toutefois demander au préalable une autorisation pour procéder à ces changements. C’est la DGCCRF qui délivre les dérogations.

Comme dans le cas d’un assèchement rapide du flux de matière première, les changements de recettes ont dû être gérés de façon brutale. Ce genre de situation peut être anticipé par utilisation de logiciel expert dédiés aux filières agroalimentaires : « Nos outils permettent d’intégrer des règles de gestion de substitution », explique Alexia Mathy, consultante avant-vente pour le pôle Agroalimentaire chez AKANEA.
Le principe est d’autoriser, en cas de rupture d’approvisionnement d’une matière première ou d’un article, le préparateur ou l’opérateur à le remplacer par un autre. Par défaut, cette situation bloque le travail en cours. En paramétrant le logiciel, l’activité peut être poursuivie sans rupture de charge ni de production. « Cela suppose évidemment de définir des règles au préalable avec son client », insiste la spécialiste.

Remplacer les ingrédients suppose de modifier l’étiquetage

Qui dit changement de composition du lot ou de la recette, dit modification de l’étiquetage au plus vite. Avec ce type d’application dans un ERP, la nomenclature est automatiquement modifiée. Il est même possible de gérer plusieurs recettes pour un même produit fini. Sur des légumes ou des fruits, il peut être intéressant de définir plusieurs règles de substitution, au fil des saisons notamment. Cela est d’autant plus précieux que l’agroalimentaire est dépendant des récoltes. Ces dernières sont elles-mêmes dictées par les conditions météo de l’année. La souplesse apportée par ces outils peut aider les fabricants de produits élaborés, comme les négociants, dans la gestion de leur activité.

Dans le cas de l’huile de tournesol, les industriels n’ont pas eu à réviser à la hâte la composition affichée. Ils ont eu deux mois pour indiquer s’il y avait un changement sur leur recette en ajoutant la mention « DEROG » derrière la date de péremption. Si au bout de six mois, ils ne sont pas revenus en arrière dans leur formulation, la liste des ingrédients devra être détaillée. Cette dérogation ne s’applique pas si les produits de substitution contiennent des allergènes, du gluten ou encore un ingrédient issu d’OGM. Ils ont alors l’obligation d’indiquer la modification de composition dès qu’elle est opérée. Il en est de même pour les changements remettant en cause certaines mentions, comme le « sans huile de palme ».

Gérer la hausse continuelle des prix due à la raréfaction des denrées

Autre pénurie alimentaire notable en rayon : celle de la moutarde. Les stocks s’amenuisent en GMS. La raison ? Les industriels ont du mal à s’approvisionner en graines. Cette fois c’est le niveau de la production canadienne qui est en cause. La sécheresse en 2021 a de nouveau affecté le niveau de production. En deux ans, le pays, premier exportateur de la graine, a vu sa récolte amputée. Elle est passée de 135.000t en 2019 à 50.000t en 2021. En plus de la météo, les producteurs locaux ont tendance à se détourner de cette culture. Or les exportations du Canada couvraient une large partie des besoins français de graine de moutarde. L’embargo appliqué aux produits venus de Russie, 2e exportateur de la planète, accentue le phénomène.

Conséquence directe d’une situation de pénurie de matière première, les prix montent en flèche. Les graines de moutarde vaudraient jusqu’à 5 fois plus cher qu’auparavant. L’inflation touche de nombreux autres aliments et matières premières. Et ce en toute période. Difficile parfois de suivre la cadence pour la prise en compte des flambées des cours dans la gestion de production. En tant qu’acteur de l’agroalimentaire, l’estimation de la valeur de vos stocks peut alors être décalée par rapport à la réalité.
Le système de mercuriales de vente proposé par Konnect’Agro, l’ERP d’AKANEA, permet de remettre à jour cette donnée cruciale. « Le prix de revient moyen pondéré des stocks et le coût de marge se calculent instantanément », détaille Alexia Mathy. Des éclairages précieux pour déterminer les prix de ventes. Cela permet de coller au plus près à la réalité économique et d’éviter de vendre à perte.

Appréhender la pénurie alimentaire avec un ERP dédié à l’agroalimentaire

En cas de pénurie alimentaire, pouvoir définir des règles de produits alternatifs avec son ERP permet de fluidifier les process. Les commandes sont ainsi honorées et la satisfaction des clients préservée. Un ERP évite aussi les erreurs de saisie tout en étant dans l’immédiateté de l’information.

En complément, l’outil de Business Intelligence d’AKANEA va aider au pilotage de l’activité. Il permet de créer son propre tableau de bord et de définir ses suivis statistiques. De quoi affiner l’estimation des besoins de réapprovisionnement voire de substitution. Des situations qui pourraient se multiplier dans l’environnement politique et climatique actuel.

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