
En France, les coûts hors carburant du transport routier ont augmenté de 7,7 % cumulés sur les deux dernières années (source : CNR, bilan 2025). Pour un transporteur, la question n’est plus de savoir si les coûts vont continuer à grimper, mais comment absorber cette hausse sans dégrader sa marge.
Qu’est-ce que les coûts de transport de marchandises ?
Les coûts de transport de marchandises regroupent l’ensemble des dépenses nécessaires pour acheminer un chargement d’un point A à un point B : le véhicule, le conducteur, le carburant, les frais de route et la gestion administrative du transport. On les classe en deux familles, qui ne se pilotent pas de la même façon :
- Les coûts fixes sont dus chaque mois, que les camions roulent ou non : salaires et charges des équipes, loyers d’entrepôts, équipements, licences logicielles, amortissement des véhicules. Leur montant ne dépend pas du volume d’activité du mois.
- Les coûts variables suivent l’activité : carburant, péages, maintenance, heures de conduite supplémentaires. Ils évoluent immédiatement selon l’activité.
Pourquoi les coûts de transport continuent-ils d’augmenter ?
Les coûts de transport augmentent parce que plusieurs postes progressent en même temps : le carburant, les salaires des conducteurs, les péages, les assurances et l’entretien des véhicules. Aucun de ces facteurs ne dépend directement du transporteur, ce qui laisse peu de marge de manœuvre côté achat et déplace le levier vers l’organisation des tournées et la productivité administrative.
| Facteur de hausse | Ce qui augmente | Effet |
|---|---|---|
| Carburant | Prix au litre volatile | Impact immédiat sur chaque kilomètre |
| Main-d’œuvre | Salaires des conducteurs | Masse salariale en hausse, recrutement plus difficile |
| Réglementation | Normes d’émission, ZFE, temps de conduite | Renouvellement de flotte, surcoût d’exploitation |
| Péages et assurances | Tarifs en hausse chaque année | Charge subie, lourde en longue distance |
| Entretien | Pièces, pneumatiques, main-d’œuvre atelier | Hausse plus rapide que les tarifs |
Conséquence : répercuter la hausse sur les prix ne suffit plus, car la concurrence fixe une limite à ce que les clients acceptent de payer. Le gain se joue désormais sur les kilomètres évités, le taux de remplissage et le temps administratif.
Voici les 12 actions qui font la différence, du plus simple au plus structurant.
1. Optimiser les tournées pour réduire les kilomètres parcourus
Un plan de tournée mal calculé fait rouler les camions plus que nécessaire. Un outil d’optimisation de tournées réduit les kilomètres à vide et le temps de trajet.
- Regrouper les livraisons par zone géographique,
- Utiliser un outil d’optimisation plutôt qu’une planification manuelle,
- Recalculer les tournées en cas d’imprévu (trafic, annulation).
2. Réduire les trajets à vide
En France, les trajets à vide représentent environ 19,8 % des kilomètres parcourus par les poids lourds. Un camion qui roule à vide coûte autant qu’un camion chargé, sans générer de revenu.
- Anticiper le retour en identifiant un fret disponible,
- Travailler avec des bourses de fret ou des partenaires logistiques: accès rapide à de nouvelles opportunités,
- Mesurer le taux de trajets à vide chaque mois : rapporte les kilomètres parcourus sans chargement au total des kilomètres du mois.
3. Mieux remplir les véhicules
Un taux de remplissage plus élevé, c’est moins de trajets pour le même volume transporté.
- Mutualiser les livraisons entre plusieurs clients: regroupez sur une même tournée des commandes de clients différents qui vont dans la même direction. Le coût du trajet se partage alors entre plusieurs factures.
- Adapter le type de véhicule au volume réel: disposer de plusieurs gabarits, ou faire appel à un partenaire pour les petits volumes, évite de payer une capacité inutilisée.
- Suivre le taux de remplissage et le taux de kilomètres à vide: la première mesure si le camion est plein, le second combien de kilomètres il parcourt sans rien transporter.
4. Automatiser les tâches administratives
La saisie manuelle (bons de livraison, factures, feuilles de route) fait perdre du temps et coûte cher en erreurs.
- Automatiser la facturation,
- Dématérialiser les bons de livraison,
- Synchroniser les données entre les équipes terrain et le back-office.
5. Suivre vos coûts en temps réel grâce à un TMS et l’informatique embarquée
Un TMS couplé à l’informatique embarquée donne une vision en temps réel du coût de chaque trajet.
- Coût par kilomètre suivi en direct,
- Alertes en cas de dérive de coûts,
- Historique consultable pour ajuster la tarification.
Conseil : pour que ce suivi soit vraiment utile, mieux vaut se concentrer sur quelques indicateurs clés plutôt qu’un tableau de bord surchargé que personne ne consulte au quotidien.
6. Optimiser les consommations de carburant
Le carburant est souvent le premier poste de coût. Former les conducteurs à l’éco-conduite et limiter les temps de moteur tournant à l’arrêt donnent des résultats dès les premières semaines, à condition de suivre la consommation de chaque véhicule et conducteur pour repérer où se situe réellement l’écart.
7. Anticiper les opérations pour limiter les temps d’attente
Le temps d’attente au chargement ou au déchargement immobilise le véhicule sans le faire avancer.
- Planifier des créneaux de rendez-vous avec les sites de chargement
- Communiquer en amont avec les quais de livraison
- Suivre le temps d’attente moyen par site
8. Réduire les erreurs de saisie grâce à l’IA
Les erreurs de saisie manuelle génèrent des litiges, des retards de facturation et des pertes de temps.
- Reconnaissance automatique de documents (OCR) : pas besoin de retranscription
- Contrôles automatiques de cohérence: le système signale une incohérence avant l’envoi
- Réduction du temps de traitement administratif: ce qui prenait quelques minutes de saisie manuelle se limite à une vérification de quelques secondes
9. Mesurer la rentabilité réelle de chaque transport
Sans suivi précis, certains trajets ou certains clients peuvent être structurellement déficitaires sans que personne ne le sache.
- Calculer la marge par trajet, pas seulement par client : un client globalement rentable peut avoir un ou deux trajets structurellement déficitaires,
- Identifier les trajets récurrents non rentables: en comparant le prix facturé au coût réel sur chaque trajet répété, on repère les lignes qui perdent de l’argent chaque semaine,
- Ajuster la tarification en conséquence: une fois le trajet déficitaire identifié, on peut renégocier le prix avec le client ou revoir l’organisation de la tournée.
10. Améliorer la collaboration avec vos clients et partenaires
Un partage d’information fluide avec les clients et sous-traitants réduit les imprévus coûteux.
- Partager le suivi de commande en temps réel,
- Centraliser les échanges dans un seul outil,
- Anticiper les pics d’activité avec les clients.
11. Digitaliser vos documents de transport
Passer au document de transport électronique coûte moins cher que le papier. La lettre de voiture devient numérique. Le destinataire signe sur le mobile du conducteur. Tout est archivé automatiquement. La preuve de livraison est donc disponible tout de suite : plus besoin d’attendre le retour du camion ni de chercher un papier en cas de litige.
12. Choisir un TMS capable d’optimiser l’ensemble de vos opérations
Un TMS complet regroupe la planification, le suivi et la facturation dans un seul outil, au lieu de multiplier les fichiers Excel et les logiciels isolés.
Les erreurs qui coûtent le plus cher aux transporteurs
- Ne pas suivre le coût réel par trajet,
- Sous-estimer le temps d’attente au chargement,
- Garder une planification manuelle des tournées,
- Ne pas former les conducteurs à l’éco-conduite,
- Continuer à gérer les documents de transport sur papier.
Quels indicateurs suivre pour maîtriser vos coûts ?
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Fréquence | Repère |
|---|---|---|---|
| Coût au kilomètre | Coût total rapporté à la distance parcourue | Hebdomadaire | Propre à chaque flotte |
| Taux de trajets à vide | Part des trajets sans chargement | Mensuelle | ~19.8% en moyenne nationale (SDES) |
| Taux de remplissage | Volume transporté / capacité disponible | Hebdomadaire | Objectif à définir selon activité |
| Temps d’attente moyen | Temps passé au chargement / déchargement | Mensuelle | Objectif à définir selon activité |
| Marge par trajet | Prix facturé – coût réel | Mensuelle | Objectif à définir selon activité |
| Consommation de carburant | Litres consommés par kilomètre | Hebdomadaire | Objectif à définir selon activité |
Réduire ses coûts de transport ne repose pas sur une seule action, mais sur l’accumulation de plusieurs petits gains : tournées optimisées, moins de trajets à vide, meilleur remplissage, moins de tâches manuelles. Un TMS comme celui d’AKANEA permet de piloter l’ensemble de ces leviers depuis un seul outil.
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