Une blockchain alimentaire permet de stocker, transmettre et sécuriser des informations jusqu’au consommateur final. Transparence et traçabilité s’en trouvent renforcées. De quoi conforter aussi la confiance envers le secteur et ses produits.

La blockchain pour mieux informer le consommateur

Un téléphone flashe un sachet de viande surgelée

Avec la technologie blockchain, les consommateurs peuvent tout connaitre de l’histoire des aliments qu’ils achètent juste en flashant l’emballage.

Les produits agroalimentaires suivis par une technologie blockchain fleurissent dans les rayons. Pour les reconnaitre, c’est simple, leurs emballages arborent des flashcodes. Le consommateur n’a qu’à le scanner avec son téléphone pour découvrir leur histoire. Il accède à un espace dédié en ligne. Utile car un Français sur deux s’interroge sur la composition de ses produits alimentaires (1). Et 80% cherchent l’origine des denrées qu’ils achètent (2). Cette vitrine interactive permet de répondre à leurs questionnements. Où l’aliment a-t-il été fabriqué ? Par qui ? Quand ? Comment ? La blockchain assure une traçabilité leur permettant de tout savoir. Et ce en remontant jusqu’à stade agricole.

Rassurer le client final par un accès à la traçabilité des produits

Grâce à la blockchain, une filière agroalimentaire peut présenter chacun de ses acteurs au consommateur. Le flash code permet de les identifier et de les localiser. Mais aussi d’expliquer leur savoir-faire et engagements en matière de qualité. Quel est son rôle, ses valeurs, ses efforts pour garantir le meilleur produit ? De quoi créer une proximité.

Certaines filières donnent aux consommateurs la possibilité d’échanger avec ses représentants. Le client peut alors poser des questions aux différents maillons et le dialogue s’engager. Au-delà de la transparence, cela créé du lien, rapproche et instaure une certaine confiance.

Des informations transmises en temps réel au travers de la blockchain

Un des atouts de la blockchain réside dans l’intemporalité des informations qu’elle délivre. Les données auxquelles accède le consommateur ne sont pas figées. Un vrai bénéfice par rapport à ce que transmettrait un lien vers un site web. Les données relatives à l’aliment sont remises à jour au fil des productions et livraisons.

Elles sont attribuées à un flashcode, qui est apposé sur le conditionnement.  En le scannant, le consommateur accède donc aux caractéristiques propres à un lot donné. Elles ne sont plus génériques. Il pourra par exemple savoir quand il a été fabriqué, emballé puis expédié. Des précisions qui le rassurent.

Une blockchain permet de sécuriser la transmission des données

Une blockchain a de quoi rassurer le consommateur. Cette technologie permet de transmettre l’ensemble les informations liées à un produit. Elle assure une totale transparence. Les données y sont d’ailleurs inscrites de manière indélébile. Et sa structure la rend infalsifiable. Mais comment fonctionne-t-elle ?

Une base de données partagée et dupliquée auprès de tous

La technologie blockchain vise à stocker et transmettre des données. Elle permet de partager des informations au sein d’un réseau d’utilisateurs. Tous peuvent la consulter et l’alimenter. Une filière agroalimentaire se prête parfaitement à cette organisation. Les étapes, du producteur au consommateur, vont être prises en compte. Des matières premières, voire la semence, aux rayonnages tout est renseigné, précisé et partagé. L’ensemble des informations est partagé entre ses acteurs de manière simultanée.

A chaque changement, un nouveau block est créé. Il est lié au précédent et transmis à tous. Dans le principe, chacun des intervenants héberge ainsi une copie de la base de données. Ce qui les rend collectivement responsables des informations inscrites et garants de la totale transparence. Cet engagement « pousse chacun à faire toujours mieux », témoignent les représentants de Connecting Food. La structure a déjà accompagné la construction de nombreuses blockchains dans le secteur alimentaire. Avec ce système, tenter de falsifier une information… et tout le monde serait tenu au courant. La validation d’un bloc ne prend que quelques secondes. Un vrai plus pour la sécurisation des supplychains.

Traçabilité et réactivité renforcées pour la filière agroalimentaire

La technologie assure donc une traçabilité des produits. Elle garde la trace des interventions à chaque étape de production et distribution d’un aliment donné. Les poids, les résultats d’analyses, le respect des recettes… Autant d’informations qui sont certes habituellement collectées. Mais cela se fait parfois de manière archaïque, sous document Excel par exemple. Et, surtout, les supports varient selon les différents maillons. Les phases de saisies, et ressaisies, manuelles, sont autant de sources d’erreurs. Mettre en place une blockchain va permettre d’harmoniser les modèles de transmission des données et ainsi les rendre plus solides.

Il est possible d’intégrer des critères de contrôle de cohérence des éléments communiqués. Si l’information ne correspond pas à ce qui est demandé, un message d’erreur est envoyé. Tout le monde sera alerté en cas d’anomalie. Erreur de livraison, volumes ne correspondant pas à la commande seront vite identifiés. La rapidité de transmission de l’information est précieuse pour des sujets plus sensibles. Une rupture de la chaîne du froid ou une contamination seront rapidement gérés. Remonter une chaîne dapprovisionnement opaque peut prendre plusieurs semaines. Avec une blockchain c’est l’affaire de quelques minutes.

Développer une blockchain incite ses acteurs à collaborer

Déployer une technologie blockchain dans une filière agroalimentaire incite par ailleurs à la coopération. Un tel chantier prend plusieurs mois. Elle associe des producteurs, les éventuels transformateurs et les distributeurs. Elle permet aux acteurs de se mobiliser autour d’un objectif commun. Il convient d’harmoniser les données entre les maillons. Il faut aussi choisir les informations pertinentes qui leur seront accessibles. Et celles qui seront communiquées au consommateur final. Or, parfois concurrents, les acteurs peuvent manifester une certaine défiance les uns vis-à-vis des autres. Il est de fait fréquent de faire appel à un opérateur extérieur. Celui-ci va organiser les échanges et aider au consensus. Ce travail collectif pour la blockchain instaure une relation de confiance.

Un intervenant extérieur peut aussi être sollicité en tant que tiers de confiance. Il va contrôler la véracité des toutes les informations communiquées. Car la technologie ne garantit pas en elle-même que l’information saisie est juste. Si elle est fausse ou qu’il y a erreur au départ, elle se répercutera jusqu’au bout. D’où l’importance de bien s’assurer de la robustesse du système et de contrôler les données. Cela permet donc de garantir au consommateur la réalité des engagements. L’image de l’agroalimentaire a été affectée par les divers crises sanitaires qui ont touché le secteur. S’appuyer sur cette technologie constitue un bon moyen de restaurer la confiance du consommateur. « Seules des preuves incontestables peuvent aider à la construire », appuient les équipes de Connecting Food.

Mettre en place une blockchain suppose donc un engagement collectif sur la durée. La démarche s’appuie sur les outils de gestion de la traçabilité agroalimentaire présents chez ses acteurs. Ils contribuent à son bon déploiement. L’initiative a des vertus en matière d’image auprès des consommateurs. Elle constitue un atout marketing indéniable.

Sources :
(1) : enquête de la coopérative Terrena
(2) : étude de LSA Avery Dennison 2021
(3) : Media center/Auchan 2021